Quelles assurances sont obligatoires pour louer votre logement ?

Mathieu Louvel Mis à jour le
Assurances location : que doit souscrire le bailleur ?

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Deux assurances seulement sont réellement obligatoires en location : l'assurance habitation du locataire, et la responsabilité civile du propriétaire dès que le bien se trouve en copropriété. Le reste relève soit de l'option, soit de cas précis qu'il faut connaître pour ne pas se faire piéger.

Mal couvrir votre bien, c'est risquer un sinistre à votre charge, un litige avec votre syndic, ou un trou de plusieurs milliers d'euros dans votre rentabilité. Voyons précisément qui doit souscrire quoi, et à quel moment.

L'assurance habitation, l'obligation du locataire

Le locataire d'une résidence principale, qu'elle soit vide ou meublée, a l'obligation légale de s'assurer contre les risques locatifs : incendie, dégât des eaux et explosion. C'est l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 qui l'impose. Avant la remise des clés, votre locataire peut comparez les assurances habitation en quelques minutes pour choisir une couverture adaptée sans surpayer une assurance habitation alourdie d'options inutiles.

De votre côté, vous avez l'obligation de veiller à ce que votre locataire soit effectivement assuré. Vous êtes en droit d'exiger une attestation à deux moments clés : lors de la remise des clés, puis chaque année à la date anniversaire du bail. Sans attestation à l'entrée, vous pouvez tout à fait refuser de remettre les clés.

Que faire si le locataire ne fournit pas son attestation ?

La marche à suivre est encadrée. Vous adressez d'abord une mise en demeure par lettre recommandée. Un mois après, sans réaction, vous pouvez souscrire une assurance pour compte du locataire, dont la prime vous est récupérable mensuellement, majorée de 10 % au maximum.

Attention : si votre bail contient une clause résolutoire pour défaut d'assurance, la mise en demeure annonçant l'assurance pour compte vaut renoncement à cette clause. Vous ne pouvez pas activer les deux leviers en même temps, il faut choisir votre stratégie en amont.

La PNO, votre assurance de propriétaire bailleur

Côté propriétaire, le contrat central est l'assurance propriétaire non occupant (PNO). Depuis la loi ALUR de 2014, elle est obligatoire, au moins pour sa garantie responsabilité civile, dès lors que votre bien se situe en copropriété (article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965). Pour une maison individuelle ou un immeuble détenu en propre, la loi ne l'impose pas, mais vous restez responsable des dommages causés aux tiers. Comptez 60 à 150 € par an, des cotisations déductibles au régime réel.

La PNO comble les angles morts de l'assurance du locataire : elle vous couvre pendant les périodes de vacance locative, lors d'un sinistre dont le locataire n'est pas responsable (vétusté, vice de construction), ou en cas de défaut d'assurance de sa part. Selon les contrats, vous pouvez y ajouter des garanties précieuses comme la perte de loyers après sinistre ou une protection juridique de bailleur.

Pendant et après des travaux, actualisez impérativement votre contrat : une modification de surface, de destination ou de valeur du bien change le risque assuré. Vérifiez aussi en amont ce qui est réellement assurable, car tous les profils de biens ne se couvrent pas dans les mêmes conditions.

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L'assurance de l'immeuble en copropriété

En copropriété, l'immeuble doit être assuré pour ses parties communes. C'est le syndic qui souscrit cette multirisque immeuble, et chaque copropriétaire y participe via ses charges. Que le syndic soit professionnel, bénévole ou coopératif, l'obligation reste rigoureusement la même.

La nuance est pratique. Avec un syndic professionnel, l'assurance est généralement bien gérée et renouvelée sans accroc. Avec un syndic bénévole ou indépendant, nous vous conseillons de redoubler de vigilance : réclamez l'attestation, vérifiez que le contrat est en cours et que les garanties couvrent la valeur réelle de l'immeuble. Un défaut d'assurance des parties communes peut coûter très cher en cas de gros sinistre.

Si vous decider d'investir dans un immeuble entier en mono-propriété, il n'y a pas de copropriété, donc aucune assurance d'immeuble imposée par la loi. Mais vous restez responsable de la structure et des dommages aux tiers : souscrire une multirisque reste indispensable.

La garantie loyers impayés (GLI), une protection stratégique

La garantie loyers impayés (GLI) n'est pas obligatoire, mais c'est l'une des protections les plus efficaces pour sécuriser vos revenus. Elle couvre les loyers non perçus, les dégradations locatives et les frais de procédure. Son coût oscille entre 2,5 et 4 % du loyer charges comprises, déductible au réel, ce qui allège son impact sur votre cash-flow.

En contrepartie, l'assureur impose des critères stricts au candidat : des revenus équivalents à 2,5 ou 3 fois le loyer, et une situation professionnelle stable. La souscription doit intervenir avant la signature du bail, sous peine de carence. Le choix du dossier est donc déterminant, et nos conseils pour mieux louer vous y aideront.

Le cumul d'une GLI avec une caution solidaire est interdit, sauf pour les étudiants ou apprentis. Si vous passez outre, le cautionnement est nul et vous vous retrouvez sans recours réel. Pour un locataire au dossier limite, la garantie Visale, gratuite et portée par Action Logement, constitue une alternative pertinente.

Le cas particulier de la location courte durée

La location courte durée, de type saisonnière ou Airbnb, change complètement la donne. Si vous louez ponctuellement un bien que vous occupez aussi une partie de l'année, vous restez considéré comme occupant : la PNO ne joue pas. C'est alors une multirisque habitation classique qu'il faut souscrire, en pensant impérativement à signaler l'activité de location à votre assureur.

Si le bien est dédié à l'année à la location saisonnière, vous êtes non occupant. Mais exiger une attestation à chaque voyageur devient irréaliste sur des séjours de quelques nuits. Une PNO spécifique courte durée, désormais proposée par de nombreux assureurs, est alors la solution la plus sûre. C'est un paramètre à anticiper avant de vous lancer dans la location courte durée.

Avant de louer, sécurisez vos travaux

Si vous rénovez avant de mettre en location, la question des assurances ne s'arrête pas à votre contrat. Tout artisan ou entreprise du bâtiment doit détenir une assurance décennale, conformément à la loi Spinetta de 1978. Elle couvre pendant dix ans les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage. Avant de signer le moindre devis, exigez l'attestation et contrôlez trois points :

  • La validité : l'attestation doit être en cours, contrôlée date à date.
  • Les activités couvertes : maçonnerie, charpente, plomberie, électricité… elles doivent correspondre aux travaux confiés.
  • Le sérieux du professionnel : il fournit ce document sans hésiter, refusez de signer sans attestation à jour.

De votre côté, si vous engagez des travaux touchant le gros œuvre ou la structure, vous devenez maître d'ouvrage et devez souscrire une assurance dommages-ouvrage avant l'ouverture du chantier. Elle préfinance les réparations relevant de la décennale sans attendre qu'un tribunal désigne le responsable, ce qui vous évite des années de blocage en cas de malfaçon.

Faire l'impasse sur la dommages-ouvrage vous expose directement : en cas de revente dans les dix ans, vous restez responsable vis-à-vis de l'acheteur, et le financement d'un sinistre lourd peut tomber entièrement sur vos épaules.

Le récapitulatif des assurances en location

Pour y voir clair, voici qui souscrit quoi et quand l'obligation s'applique.

Assurance Qui la souscrit Obligatoire ?
Assurance habitation (risques locatifs) Le locataire Oui, pour une résidence principale
PNO (responsabilité civile) Le propriétaire Oui en copropriété, recommandée ailleurs
Multirisque immeuble Le syndic, ou le propriétaire en mono-propriété Oui pour les parties communes
Garantie loyers impayés (GLI) Le propriétaire Non, optionnelle
Assurance décennale L'artisan ou l'entreprise Oui, à sa charge
Dommages-ouvrage Le maître d'ouvrage, c'est-à-dire vous Oui pour les travaux de gros œuvre

Bien assuré à chaque étape, de la signature du bail jusqu'aux travaux, vous transformez une contrainte réglementaire en véritable filet de sécurité pour votre rentabilité.

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